Avant l'épisode : qui on est, et pourquoi on vérifie tout

Avant de lancer la tier list, Yannis prévient : ni lui ni Guillaume ne sont professionnels de santé. Overthinkers parle de santé mentale et de neuro-atypie à partir de leur expérience, et ils se trompent parfois. C'est pour ça que les approximations sont corrigées à l'écran pendant la vidéo, et c'est aussi le rôle de cette page : reprendre chaque chapitre, dire ce qui est exact, ce qui l'est moins, et ajouter les études qui permettent d'aller plus loin.

Il parle aussi de la newsletter, qui envoie chaque nouvel épisode par email. Tu peux t'y inscrire sur overthinkers.fr, où tu peux aussi proposer ou voter pour le prochain invité.

Le principe : classer les solutions face au TDAH

L'idée de l'épisode est simple : prendre vingt-sept solutions qu'on entend partout quand on parle de TDAH, des plus sérieuses aux plus farfelues, et les classer de S à D. En S, la « masterclass », on met ce qui change vraiment la vie, en A ce qui aide vraiment, en B le petit coup de pouce, en C le « bof », et en D ce qu'il vaut mieux éviter.

« On est deux personnes atteintes TDAH, donc ça va être super intéressant. » — Yannis Haismann

Les cartes ont été dessinées avec Claude, l'intelligence artificielle, ce qui fait sourire Guillaume, qui salue la « petite DA aux petits oignons ». Yannis annonce aussi qu'il a glissé des solutions très peu connues pour surprendre tout le monde, y compris Guillaume. Très vite, on comprend que la tier list sert surtout de prétexte : ce qui compte, ce sont les désaccords, et il y en a beaucoup.

La Ritaline, S ou A ?

La première carte est la plus sensible, celle de la Ritaline, le nom commercial le plus connu du méthylphénidate. Guillaume en prend depuis trois ans et demi, mais pas en continu : il a des périodes de deux ou trois mois avec traitement, puis des périodes sans, et n'en prend généralement pas le week-end. Il le place en A, et explique pourquoi il refuse le S.

« Mettre la Ritaline en mode masterclass, ça donnerait peut-être cette impression que genre sans la Ritaline, on peut pas avoir une vie normale avec le TDAH. » — Guillaume Lujan

Yannis, qui en prend depuis huit mois, la voit au contraire en S sans hésiter. Il raconte une histoire du début d'année : une fille rencontrée à Bali lui propose un appel chaque semaine pour s'entraîner en anglais, et ce simple message le paralyse toute la journée. Il pense en boucle, va regarder son compte Telegram de façon compulsive et n'arrive plus à travailler.

« J'étais paralysé parce que mon cerveau, il faisait une fixette là-dessus et il réfléchissait en boucle, en boucle, en boucle. » — Yannis Haismann

Avant le traitement, il dit qu'il devait choisir entre deux vies : soit tout couper (réseaux sociaux, plaisirs, distractions) pour réussir à travailler, avec une vie « de moine », soit tout garder et ne plus rien produire. La Ritaline lui permet de travailler sept heures et de voir des amis le soir, sans que l'un perturbe l'autre. Il ajoute qu'il ne la trouve ni addictive ni porteuse d'effets secondaires, et qu'elle ne « tue pas ta personnalité » comme le feraient, selon lui, des antidépresseurs. Guillaume, de son côté, rappelle que tout dépend aussi du dosage, et précise le mécanisme : le méthylphénidate ne crée pas de dopamine, il augmente celle qui est disponible. Le débat se clôt provisoirement sur un A.

Sport, sommeil, alimentation : la triade

Sur le sport, il n'y a presque pas de débat. Yannis fait de la musculation quasiment tous les jours et dit qu'il se sent « mou » quand il n'en fait pas. Il parle de l'effort cardiovasculaire et de la noradrénaline, qu'il a un peu de mal à prononcer, puis Guillaume lâche la formule qui résume sa position.

« En fait, c'est de la Ritaline gratos quoi. » — Guillaume Lujan

Pour lui, le sport aide aussi les troubles qui accompagnent souvent le TDAH, comme la dépression et l'anxiété, et si on ne devait garder que trois outils, il en ferait partie. Guillaume conseille de le pratiquer le matin, avant de toucher à son téléphone, plutôt que de « se faire défoncer [sa] dopamine » dès le réveil. Yannis, qui le fait aussi le matin, compare la sensation d'après séance à celle de la méditation : plus calme, plus posé.

Sur le sommeil, Yannis décrit une sensibilité qui l'étonne lui-même : une demi-heure de moins que ses huit heures, et rien ne va.

« Si j'ai pas mes huit heures de sommeil, mais je suis à un niveau d'aigri, de manque de plaisir, de-- rien ne va. » — Yannis Haismann

Guillaume prend le problème à l'envers : mal dormir touche tout, les relations, l'argent, la productivité, l'envie de faire du sport, l'alimentation et l'impulsivité. Yannis ajoute que chez une personne TDAH, le manque de sommeil n'ajoute pas de nouveaux problèmes, il amplifie ceux qui sont déjà là, l'impulsivité comme l'inattention.

Sur l'alimentation, Guillaume rappelle que certains médicaments se prennent pendant ou après un repas, et que les stimulants coupent souvent l'appétit, d'où l'intérêt de se mettre des rappels pour manger. Il parle aussi de l'eau et du sucre, qu'il accuse de provoquer un crash d'énergie vingt à trente minutes après. Yannis, lui, ne mange plus de sucre du tout, parce qu'il sait qu'il en deviendrait « de suite » addict, et suit une alimentation proche du régime cétogène. Le verdict tombe : « S tier, les trois. Ritaline en dessous. »

NoFap

Yannis présente la carte suivante : le NoFap, c'est arrêter la pornographie et la masturbation. Il le pratique depuis longtemps, l'a beaucoup conseillé autour de lui, et dit que pour lui, la différence a été « le jour et la nuit », surtout sur la productivité.

« Ça me met une énergie par défaut, comme si j'avais une fusée aux fesses. » — Yannis Haismann

Il reconnaît que les avis autour de lui sont très partagés, entre ceux qui n'ont vu aucun changement et ceux qui ont mal vécu l'expérience, mais il le placerait au même niveau que le sport. Guillaume, lui, raconte avoir eu une addiction à la pornographie plus jeune, et avoir arrêté d'en consommer depuis quelques années après avoir vu une conférence sur ses effets, puis des reportages sur l'industrie. Il fait une distinction nette : pour lui, le problème est la pornographie, qui déforme la sexualité et a pesé sur ses relations, pas la masturbation.

Pour le TDAH en particulier, Guillaume ne pense pas que l'effet soit si fort, et propose B. Yannis accepte, en précisant que ce qu'il défend surtout, c'est la rétention, et que c'est son expérience à lui. Il ajoute qu'adolescent, il a lui aussi eu une vraie addiction, qu'il relie à son TDAH, comme son rapport au sucre.

« J'ai pas l'impression que tu peux avoir une relation saine avec la pornographie si t'as un TDAH. » — Yannis Haismann

La weed et la dopamine detox

Sur le cannabis, Guillaume raconte en avoir fumé cinq ou six fois, à l'époque où on pouvait le faire légalement dans les coffee shops de Bangkok. Yannis, qui s'y trouve en ce moment, précise que ce n'est plus légal, même si on en trouve toujours partout. Lui a eu une période d'environ trois mois d'addiction, vers ses dix-huit ans, et dit l'utiliser aujourd'hui à titre expérimental, en notant ses essais. Il regrette qu'on ne puisse pas étudier ses effets en France, puisqu'il y est illégal. Il pense que c'est plutôt négatif en général, parce que ça pousse à rester allongé sans rien faire, mais qu'utilisé avec prudence, ce pourrait être un outil.

Guillaume est plus réservé : beaucoup de personnes TDAH l'utilisent pour calmer le flot de pensées, mais pour lui, ça fait taire le bruit sans régler le problème.

« J'ai l'impression que c'est un outil pour réduire les symptômes du TDAH, mais ça les règle pas. » — Guillaume Lujan

Il hésite entre C et D, et Yannis tranche pour D, en rappelant qu'il vaut mieux se faire accompagner par des professionnels que d'expérimenter seul comme il le fait.

La dopamine detox lance le premier vrai débat de vocabulaire. Pour Guillaume, l'idée de « jeûner » de dopamine n'a pas de sens, puisque c'est elle qui motive : il préfère remplacer la mauvaise dopamine par la bonne, et préfère « un mec qui joue à World of Warcraft et qui va à la salle » à quelqu'un qui se force trois mois à vivre comme un moine avant de tout compenser. Yannis défend la pratique à partir de cinq ans d'expérimentation : il ne peut pas jouer aux jeux vidéo et passer sa soirée sur les réseaux, puis travailler sept heures le lendemain. Pour lui, il s'agit de couper les plaisirs « fast-food », comme les réseaux et les jeux vidéo, en gardant les plaisirs sains.

Guillaume répond que ça, c'est simplement limiter les distractions, ce qu'il fait tous les jours avec l'application Opale, et qu'une « détox » suppose qu'on soit « toxico ». Une fois le mot redéfini, ils tombent d'accord pour un S.

Une IA qui se souvient de tout, et l'engagement social

C'est la carte surprise de Yannis : Hermes Agent, un assistant d'intelligence artificielle qui garde en mémoire tout ce qu'on lui confie, les rendez-vous médicaux, l'enfance, les notes du quotidien. Yannis raconte qu'il tient désormais un journal de santé qu'il n'aurait jamais relu seul, et que l'IA, elle, s'y réfère dès qu'il pose une question.

« Il va me dire : "Bah écoute, ça tombe bien. Il y a un mois et demi, le jour nanana, t'avais eu le même truc." » — Yannis Haismann

Il dit que l'outil a repéré chez lui des problèmes de santé, confirmés ensuite par un médecin, qu'il n'aurait pas trouvés autrement. Guillaume trouve l'IA extraordinaire pour les personnes TDAH, parce qu'elle compense le dysfonctionnement exécutif, mais met en garde contre l'« over engineering », la quête du second cerveau parfait sur Notion ou Obsidian, et contre la fatigue de discuter avec une machine toute la journée. Il propose A, et Yannis accepte.

Vient ensuite l'engagement social. Yannis explique sa méthode : quand il veut arrêter une addiction ou tenir un objectif, il l'annonce à ses cinq proches, avec un gage un peu caricatural, et leur envoie des photos de chaque séance de musculation. Il déteste dire quelque chose sans le faire, alors ça le force à y aller même quand l'envie a disparu deux jours plus tard. Guillaume, lui, n'a pas ce ressort.

« Si je m'engage publiquement à faire un truc, de toute façon, je suis habitué à l'échec. » — Guillaume Lujan

Pour lui, s'engager en public ajoute surtout de la pression, et il le mettrait en C. Il distingue cette idée du body doubling, travailler à côté de quelqu'un, qu'il mettrait très haut. Le compromis tombe sur B, et l'autre forme de soutien attend sa propre carte plus tard.

Méditation, respiration et lâcher prise

Sur la méditation, les deux parcours se ressemblent beaucoup. Guillaume a médité deux ans sans manquer un jour, Yannis un an, et tous les deux ont arrêté. Guillaume dit qu'il le fait maintenant naturellement, en ramenant son esprit au moment présent, et Yannis se souvient de cette année comme d'une des périodes où il allait le mieux, mais il n'arrive plus à tenir dix minutes par jour.

« On se rend pas compte, mais prendre dix minutes tous les jours juste à méditer, c'est, c'est dur en fait. » — Yannis Haismann

Guillaume regrette que la méditation soit devenue un business et une technique de productivité, alors qu'on peut méditer en marchant ou dans le métro. Ce qu'elle lui a appris, c'est un délai entre l'émotion et la réaction : il ressent la colère, s'en rend compte, puis choisit comment réagir. La méditation finit en A : elle est difficile à tenir avec un TDAH, mais Guillaume juge important d'en faire à un moment de sa vie pour prendre conscience de soi.

Pour les exercices de respiration, Guillaume est fan, parce que c'est un outil actif : quand il est stressé, une ou deux minutes suffisent pour faire baisser l'effet physique du stress. Yannis se rend compte qu'il en a déjà fait sérieusement avec la méthode Wim Hof, dont Guillaume a visité le centre en Pologne, mais il ne la pratique plus et trouve bizarre de recommander ce qu'il ne fait pas.

Puis arrive la carte « se détendre, lâcher prise », que Yannis avoue ne pas maîtriser du tout. Guillaume demande ce qu'on entend par là, puisque ne rien faire est très difficile pour une personne TDAH, et que pour des entrepreneurs, se laisser aller revient souvent à continuer de travailler. Yannis précise son idée : arrêter d'optimiser chaque moment de sa vie, ce que la tier list elle-même fait.

« La détente, c'est un peu l'antithèse de ça. » — Yannis Haismann

Au bout du raisonnement, Guillaume, « dégoûté », fait descendre la respiration en B : pour lui, c'est un effort à refaire à chaque fois, et c'est un outil contre le stress plus que contre le TDAH. Se détendre, qu'il voit comme un état d'esprit qu'on acquiert une fois pour toutes, reste en A. Il cite au passage un podcast d'Andrew Huberman selon lequel une forme de méditation faite une seule fois aiderait durablement. Il propose aussi à l'oral de passer la méditation en B, mais l'écran final la garde en A.

« Si on faisait la même tier list pour l'anxiété par exemple, je te mettrais l'exercice de respiration en S. » — Guillaume Lujan

Au milieu de ce chapitre, Yannis revient sur la Ritaline, qu'il n'aime pas voir au même niveau que la méditation. Guillaume répond qu'il ne veut pas que quelqu'un se dise « sans Ritaline, je ne vais pas m'en sortir », et Yannis rappelle que l'inverse est vrai aussi : en prendre n'est pas grave.

TikTok, le psychologue et parler à ses proches

TikTok et les Reels, Guillaume les met « S tier » avec une ironie appuyée, en expliquant qu'il est tellement plus productif après cinq heures de scroll. La carte finit évidemment en D. Yannis, qui n'a jamais utilisé TikTok, dit avoir été choqué en Thaïlande de voir tout le monde regarder des vidéos courtes en continu, et Guillaume ajoute que ByteDance, l'entreprise chinoise qui a créé TikTok, en ferait en Chine une plateforme d'éducation.

Sur le psychologue, Yannis a un avis plus mitigé qu'avant. Il pensait longtemps qu'aller voir un psy ne pouvait qu'aider, mais plusieurs témoignages l'ont convaincu que ça pouvait aussi faire reculer. Il a fait entre six et dix séances, et a vécu la psychologue comme un « sparring partner », jusqu'à ne plus y voir d'intérêt.

« J'aurais tendance à dire quand même que statistiquement, un psychologue aura plus de chances de t'aider que de ne pas t'aider. » — Yannis Haismann

Guillaume, qui a vu beaucoup de psychologues, corrige deux idées reçues : le psy n'en sait pas plus que toi sur toi-même, il t'offre un espace pour tout dire sans être jugé, avec un vrai rapport humain, et une thérapie a un début, mais surtout une fin. Ils s'accordent sur A.

Yannis regrette ensuite de ne pas avoir fait de carte pour « parler de ses problèmes à ses proches », qu'il aurait mise en S. Guillaume nuance : avec certaines blessures, il peut être plus sûr de passer d'abord par un psychologue. Il prend l'exemple d'un traumatisme ancien qu'on porte dans une famille qui risque de mal réagir, puis parle de lui : il a perdu sa mère très tôt, en a très peu parlé avec son père, et c'est la thérapie qui l'a aidé à pouvoir en parler aujourd'hui avec ses proches. Il précise qu'il parle d'expérience et que ce n'est pas une recommandation. Yannis, qui a tendance à tout garder pour lui, dit que parler le soulage à chaque fois, et Guillaume met en garde contre une seule dérive : que ce soit la seule discussion, au point de se sentir victime.

Le diagnostic et le contenu sur le TDAH

Guillaume joue l'avocat du diable sur le diagnostic : certains diront que ce n'est qu'une étiquette. Il renvoie au premier épisode, où ils ont parlé du rapport entre le TDAH et l'identité.

« Le TDAH ne fait pas de vous quelqu'un qui est TDAH. Vous avez un TDAH. » — Guillaume Lujan

Yannis voit un autre défaut, le faux diagnostic, et cite une invitée d'un podcast pour qui tous les diagnostics seraient en quelque sorte des autodiagnostics, puisque c'est la personne qui répond aux questions. Mais une fois cette erreur écartée, il en fait le meilleur moyen de se comprendre et d'aller chercher les bonnes solutions. Le diagnostic finit en S.

Pour la carte « consommer du contenu sur le TDAH », Yannis propose « S+, sans aucun biais », et Guillaume suggère en riant une catégorie au-dessus de S, l'étoile de Mario, pour Overthinkers. Puis le sujet devient sérieux. Yannis raconte être tombé dans une boucle de vidéos sur les dangers de l'IA, jusqu'à passer la ligne où il ne s'informait plus et nourrissait juste son anxiété. Guillaume a vécu la même chose avec des vidéos de boutiques saccagées pendant des manifestations à Paris, qui l'ont mis en colère jusqu'à ce qu'il réinitialise son algorithme. Il s'en prend surtout aux contenus courts où l'on se reconnaît à chaque vidéo.

« Si vous avez un TDAH, vous avez un TDAH, vous avez pas besoin qu'on vous répète tous les jours que vous avez un TDAH. » — Guillaume Lujan

Il appelle ça l'« ADHD porn » des réseaux, qui donne l'impression que tout le monde a un TDAH. Les livres sérieux et le contenu éducatif, en revanche, valent la peine. La carte finit en A, à condition de choisir le bon contenu, et c'est à chacun de le définir.

Caféine, journaling, todo list et douche froide

Guillaume, qui commence à fatiguer, propose d'accélérer sur les cartes plus générales. Sur la caféine, il dit D d'emblée : il n'a jamais bu de café de sa vie, et pense qu'il faut l'éviter avec le TDAH, comme le sucre. Il reconnaît qu'une consommation modérée aide contre la fatigue, mais craint l'anxiété et un sommeil plus agité. Yannis, qui en boit beaucoup, s'inquiète en riant, puis cite Andrew Huberman, pour qui une ou deux tasses par jour amélioreraient la vie.

« Si je bois du café, je peux être inarrêtable. » — Yannis Haismann

Il admet qu'il ne voit sans doute pas tous les effets, comme la baisse de son sommeil, et le compromis tombe sur C. Sur le journaling, Yannis n'a pas d'avis tranché, et Guillaume conseille de ne pas se forcer à écrire chaque jour, mais de faire un « brain dump » quand la tête déborde, et le journaling finit en B. La todo list finit en C, Yannis expliquant que son TDAH le fait passer quatorze heures sur une chose en oubliant sa liste.

La douche froide finit aussi en C. Guillaume l'a pratiquée six mois et fait des bains froids l'hiver en Pologne, mais il ne la trouve pas utile pour le TDAH. Yannis décrit le choc du matin qui rend le reste de la journée plus agréable, sans jamais en prendre. Il met à part ce qu'il a vécu en Estonie, l'eau glacée puis le sauna, qu'il décrit comme une sensation d'apaisement décuplée, comparable à l'après-marathon.

Accountability partner, habit tracker et eat the frog

Cette fois, il y a unanimité. Guillaume rappelle qu'il n'aurait jamais lancé un podcast seul, que c'est Yannis qui le lui a demandé, et que le simple fait de ne pas vouloir le lâcher a organisé toute sa journée.

« Bah regarde, on est en train de faire un podcast tous les deux. » — Guillaume Lujan

Yannis confirme : ce jour-là, il avait plutôt envie de jouer à Rocket League sur sa Xbox, et il a passé plus de trois heures à tourner avec plaisir, parce qu'ils le font à deux. C'est un S.

L'habit tracker, ils l'ont tous les deux beaucoup essayé, en tableaux, sur Notion et sous toutes les formes. Yannis a l'impression que ce n'est pas adapté au TDAH, puisqu'il finit toujours par l'oublier, et Guillaume dit qu'on s'en lasse vite, et l'habit tracker finit en C.

Eat the frog, la méthode qui consiste à faire la tâche la plus importante et la plus pénible en premier le matin, ne passe pas chez Guillaume. Pour lui, une personne TDAH a souvent besoin d'une forme de récompense avant de se mettre au travail : un épisode de série, le sport, quelque chose de sympa, puis, comme le focus ne dure pas, l'envie de travailler vient naturellement. Yannis a lu le livre et constate que c'est quand il est « hype » par un projet qu'il est le plus productif, alors que commencer par la corvée le démotive. Eat the frog finit en D.

« Les TDAH, on a vraiment besoin de techniques différentes. » — Guillaume Lujan

Pomodoro, règle des 5 secondes et deep work

Le Pomodoro réunit les deux contre lui. Guillaume demande s'il est possible de le mettre en Z, une rangée qui n'existe pas, et Yannis se dit « hater » de la méthode, au point de ne pas être objectif.

« C'est genre, tu prends les études qui montrent comment se concentrer, tu fais le contraire et tu dis à tout le monde qu'il faut faire la même chose. » — Yannis Haismann

Guillaume garde une idée du Pomodoro, le minuteur, mais pour gamifier une tâche et la finir le plus vite possible. Ce qu'il rejette, c'est l'arrêt forcé au bout de vingt-cinq minutes : quand une personne TDAH a enfin trouvé sa concentration, la couper donne envie de « jeter ton ordi par la fenêtre ». Yannis ajoute qu'il ne connaît, parmi la cinquantaine d'entrepreneurs productifs de son entourage, personne qui jure par cette méthode, et le Pomodoro finit en D.

La règle des cinq secondes, popularisée par Mel Robbins, consiste à compter « cinq, quatre, trois, deux, un » dans sa tête puis à agir aussitôt. Guillaume la défend, parce que pour lui, le vrai problème du TDAH est de se lancer, et qu'une fois commencée, une tâche se poursuit souvent d'elle-même. Yannis la trouve d'abord un peu gadget, puis se laisse convaincre par l'exemple des deux heures de scroll qu'on coupe d'un coup. Guillaume parle aussi de la règle des cinq minutes, qui consiste à se lancer pour cinq minutes en s'autorisant à arrêter ensuite, et Yannis réalise que c'est exactement son cas : il a du mal à commencer, mais une fois lancé, il aime ce qu'il fait. La règle des cinq secondes finit en S.

Le deep work, qui n'avait pas de carte, s'invite dans la discussion. C'est l'inverse du Pomodoro : couper toutes les distractions, mettre un casque, s'isoler et travailler plusieurs heures. Yannis l'aurait mis en S, et raconte sa stratégie, se lever à cinq heures du matin, une heure où il n'a rien d'autre à faire que travailler.

« Je vais pas allumer Rocket League à cinq heures trente du matin. » — Yannis Haismann

La règle des 2 jours, les amphétamines et le classement final

Dernière règle : ne jamais sauter une habitude deux jours de suite. Guillaume explique que les personnes TDAH ont, selon lui, beaucoup plus de mal à installer une habitude, mais pas à la garder, d'où l'intérêt de ne pas la laisser filer. Yannis la découvre et l'adopte en A : il vient de reprendre la salle et sait qu'il lui suffit de s'arrêter cinq jours pour tout perdre, alors qu'une seule règle, « jamais deux fois », lui semble facile à tenir. Guillaume en conclut que le sport tous les jours est plus intéressant que trois fois par semaine pour les personnes TDAH.

La carte des amphétamines reste sans note, parce qu'aucun des deux n'en a pris. Yannis aimerait les essayer un jour pour les comparer à la Ritaline, et propose d'en reparler dans un futur épisode.

Voici le classement final, tel qu'il apparaît à l'écran :

  • S, masterclass : sport, bien dormir, alimentation, dopamine detox, diagnostic, accountability partner, règle des 5 secondes.
  • A, ça aide vraiment : Ritaline, Hermes Agent, méditation, se détendre, psychologue, contenu sur le TDAH, règle des 2 jours.
  • B, un coup de pouce : NoFap, engagement social, exercices de respiration, journaling.
  • C, bof : caféine, todo list, douche froide, habit tracker.
  • D, à éviter : weed, TikTok et Reels, eat the frog, Pomodoro.

Guillaume conclut en expliquant pourquoi il tenait à ne pas mettre la Ritaline plus haut : beaucoup de gens pensent que soigner un TDAH se résume à prendre ou non un médicament, alors que le sommeil, l'alimentation et le sport comptent pour tout le monde, avec ou sans traitement.

« Le but du jeu, c'est de mettre en place des systèmes dans sa vie qui fonctionnent avec votre cerveau. » — Guillaume Lujan

Yannis dit comprendre enfin sa philosophie et la partager. Il annonce aussi qu'il va coder la tier list sur le site pour que chacun fasse la sienne, et invite à regarder leur autre épisode, celui des quinze questions les plus posées sur le TDAH.

Pour aller plus loin

  • Fais ta propre tier list et compare-la à celle de Yannis et Guillaume : la tier list TDAH.
  • Écoute le premier épisode, sur le TDAH adulte, le diagnostic et l'idée que ce serait une mode : overthinkers.fr/1.
  • Les recommandations du NICE sur le diagnostic et la prise en charge du TDAH, qui détaillent la place des médicaments et des approches non médicamenteuses : NICE NG87.
  • Le TDAH et le sommeil, pour comprendre pourquoi les deux sont si souvent liés : ADHD Evidence Project.
  • La fiche TDAH de l'Inserm, pour comprendre le trouble et ses risques associés : Inserm.